Qui sont-ils ?

 

Pendant la Shoah, plus de 5 millions de Juifs Européens ont été assassinés par les nazis, qui ont voulu les considérer comme une masse nuisible. Qui sont-ils en réalités ? Fortunés ou modestes, ils représentent une image diversifiée, entre attachement à la tradition et désir de modernité, entre pratique religieuse et laïcisation.

            Au lendemain de la Première guerre mondiale, trois grands de population Juive émergent :

            L'Europe Occidentale avec plus de 1,5 millions de Juifs, L'Union Soviétique avec près de 3 millions de Juifs et les Pays d'Europe Centre Orientale qui en comptent 4,5 millions.

 

            Pourcentage de Juifs dans la Population dans l'entre deux guerres

POLOGNE : Entre 10 et 11 %

ROUMANIE, LITUANIE : Entre 6 et 10 %

TURQUIE, HONGRIE, AUTRICHE, LETTONIE : Entre 3 et 6 %

URSS, GRECE, TCHECOSLOVAQUIE, PAYS-BAS : Entre 1 et 3 %

ALLEMAGNE, SUISSE, YOUGOSLAVIE, BULGARIE : Entre 0,5 et 1 %

RESTE DE L'EUROPE : Entre 0 et 0,5 %.

 

            Centres Juifs :

            PARIS, LONDRES, VARSOVIE, LODZ, KIEV, ODESSA, MOSCOU, BERLIN : Plus de 100 000 Juifs

            AMSTERDAM, ANVERS, FRANCFORT, BUDAPEST, BUCAREST, SMYRNE, VILNA, LEEDS, VIENNE, LUBLIN, CRACOVIE, PRAGUE, etc…..

Entre 20 000 et 100 000 juifs.

 

Dates d'émancipation et de suppression de toute restrictions légales :

FRANCE  1791 - GRECE  1830 - LUXEMBOURG  1831 - BELGIQUE  1848 - DANEMARK  1849 - GRANDE BRETAGNE  1858 - AUTRICHE  1866  - HONGRIE  1867 - ITALIE et SUEDE  1870 - SUEDE  1870 - ALLEMAGNE  1871 NORVEGE  1891 - URSS  1917.

            Le tableau de la vie Juive dans ces régions est très contrasté. Il est des pays où l'égalité de droits est devenue une quasi-évidence et où les Juifs ont le sentiment d'être parfaitement intégrés au sein de la société. La Russie, bastion de l'autocratie et longtemps symbole de la persécution anti-Juive, est entrée dans un processus général de la laïcisation, englobant les Juifs.

            La France est le premier pays à avoir permis aux Juifs, l'accession à la citoyenneté en 1791, avant la Grande-Bretagne, l'Allemagne et l'Autriche.

            Etablis surtout dans les grandes villes, ce sont des hommes d'affaires, des banquiers, des commerçants aisés, des médecins, des enseignants, des juristes bien insérés dans la société, où ils exercent la plénitude de leurs droits.

            Une minorité est réellement fortunée, mais la plupart appartiennent aux classes moyennes, en pleine expansion.

            Bien différents sont les Juifs venus de la Russie, de Pologne de Hongrie et de Roumanie. Ils gagnent chichement leur vie, comme petits artisans ou commerçants modestes, parlent essentiellement le Yiddish.

            La situation des populations Juives se trouve profondément modifiée par les bouleversements géopolitiques que subie l'Europe après la chute des empires Romanov, Habsbourg, Hohenzollern et la dislocation de l'empire Ottoman. Les frontières se modifient. La Roumanie se voit attribuer la Transylvanie et la Bessarabie et 1 million de Juifs peuplent désormais le pays. La Pologne ressuscitée augmente son territoire d'une partie de la Biélorussie et annexe Vilna, la Galicie, et 3 millions de Juifs avec. La Hongrie, nouvellement indépendante mais mutilée, n'en compte que 450 000.

 

L'hitlérisme

 

            Pour Hitler les trois principaux fondements de la conception du monde sont :

            L'Aryen : Il doit être au sommet de la hiérarchie des races.

            La femme : Elle a pour seule mission de se conformer au mot d'ordre des "trois K" - Kinder, Kirche, Kuche - ( les enfants, l'église, la cuisine).

            L'Antisémitisme : (Sans commentaires)

            C'est sur ce postulat de base que Hitler développe ses conceptions politiques, aussi bien au niveau de l'Allemagne que sur le plan International.

            Hitler est né en Autriche en 1889. Elevé par sa mère, il mène une scolarité médiocre puis part à Vienne, où il rêve d'une carrière artistique. Il échoue à deux reprises au Concours d'entrée des Beaux-Arts et tombe dans la misère. Il hait Vienne qu'il surnomme "Babylone des races".

             En 1914, il s'engage dans l'Armée Bavaroise et humilié par la défaite, seul et sans avenir professionnel, il se lance dans la politique. Il prend en main le Parti Ouvrier Allemand et lui donne en 1920 le nom de Parti National Socialiste des Travailleurs Allemands (NSDAP).

            En 1923, il tente le "Puch de la Brasserie" qui échoue lamentablement.

            La crise de l'Etat Allemand qui s'intensifie en 1930, bientôt doublée de problèmes économiques de plus en plus graves, va lui permettre d'accéder au pouvoir. Il est désigné comme chancelier en 1933, par le Président du Reich.

            De 1933 à 1939, de nombreux intellectuels sont parmi les premiers à choisir l'exil aux Etats-Unis, en Amérique du Sud ou en France. L'air du troisième Reich n'est plus respirable pour certains poumons.

 

LES CAMPS DE TRANSIT EN FRANCE

 

Aujourd'hui si on demande : "connaissez-vous l'existence de camps de transit et d'internement en France, pendant la guerre ? "

            Rares, aujourd'hui encore, sont ceux qui peuvent citer des noms.

A partir de la fin de 1935, c'est la Police d'Etat, la Gestapo qui assume la responsabilité des camps de concentration, sous l'autorité de l'Inspecteur Général Eicke.

            Le nombre de camps s'accroît :

Dachau, Oranienburg-Sachsenhausen, Weimar-Buchenwald, Mauthausen-Flossenburg, Neuengamme entre 1933 et 1938.

            Ravensbruck, Stutthof au cours de 1939.

            Bergen-Belsen, Natzweiler-Struthof en 1940.

            Gross-Rosen en 1941

            Dora-Nordhausen en 1942.

            Il s'agit essentiellement de camps répressifs mis en place pour châtier les opposants et las asociaux et pour tenter de les régénérer par le travail, de les rééduquer.

            En revanche, les camps d'exterminations ont pour unique finalité le massacre à grande échelle des Juifs.

            Les centres de mise à mort se trouvent sur le territoire de la Pologne depuis 1939. Il y a sans doute plusieurs raisons à ce choix : la Pologne est le pivot géopolitique de la campagne de l'Est et le lieu d'implantation des plus importants communautés Juives, qui peuvent donc y être acheminées rapidement, d'autant plus que la Pologne dispose d'un bon réseau ferroviaire.

            Par ailleurs, le pays est doté de nombreuses forêts et de vastes régions quasi-inhabitées, propice à la préservation du secret qu'il faut maintenir à tout prix autour de l'extermination des Juifs. Peut-être aussi l'antisémitisme traditionnel des populations Polonaises - ancré sur le terreau d'un antijudaisme catholique très profond - constitue-t-il pour les nazis un argument favorable. Les Polonais ne devraient éprouver que de l'indifférence devant la mise à mort des Juifs.

            Telle est bien, en effet, la raison de ces camps, dont la mise en service est placée sous l'autorité du Général S.S. Odilo Globocnik.

CHELMNO

            Le premier, situé à 60 km de Lodz, il fonctionne à partir de 1941. Fermé en Avril 1943, Chelmno est rouvert à l'été 1944, avant d'être liquidé le 17 Janvier 1945.

            Le procès du Sonderkommando Lange devant la cour d'assises de Bonn en 1962 et 1963, a permis de préciser qu'au moins 145 500 Juifs ont été tués à Chelmno pendant la première phase de Décembre 1941 à Avril 1943 et 7176 pendant la seconde phase d'Avril 1944 au 19 Janvier 1945, jour de la libération du camp par l'Armée Rouge, soit 152 676. Ces meurtres sont prouvés, mais le tribunal a précisé que ce nombre ne reflétait qu'une partie de la réalité. Au terme de leur enquête officielle, les Autorités Polonaises ont estimé que 340 000 hommes, femmes et enfants ont été exterminés à Chelmno.

            Le Hauptsturmfuhrer Hans Bothmann, Directeur du Camp de Chelmno se suicidera en 1946 alors qu'il était en détention en Zone Britanique.

BELZEC

            Ouvert de Mars 1942 à Décembre 1942 pendant les grandes déportations 560 000 personnes y sont exterminées. Il s'agit essentiellement d'hommes, de femmes et d'enfants Juifs.

            Ont été assassinés à Belzec, des Juifs venant non seulement de Pologne mais aussi d'Autriche, de Tchécoslovaquie, de Roumanie, de Hongrie et d'Allemagne. Il ne semple pas y avoir eu des Juifs arrêtés en France.

            Le camp a été entièrement rasé par les Nazis et une forêt de pins a pris sa place.

            Au terme de leur enquête officielle, la Commission Générale d'enquête sur les Crimes Allemands en Pologne a estimé que plus de 600 000 Juifs ont été assassinés dans ce camp, immédiatement dès l'arrivée des convois.

 

SOBIBOR

            A la limite de la zone annexée en 1939 par l'Union Soviétique, il est destiné aux Juifs de cette région vers Avril 1942. Détruit en Octobre 1943.

            La Commission Générale d'Enquête sur les Crimes Allemands en Pologne évalue le nombre de victimes à 250 000 dont plus de 200 000 Juifs.

            Les Juifs Polonais étaient les plus nombreux, suivis par 34 313 Juifs des Pays-Bas, 10 000 de Tchécoslovaquie, 1500 d'U.R.S.S., 1000 d'Allemagne etc...

            Près de 4000 Juifs venus de France ont trouvé la mort à Sobibor.

 

TREBLINKA

            Situé à 100 km de la Capitale Polonaise, Tréblinka est le troisième camp d'extermination de l'opération Reinhard. C'est le plus important et le plus meurtrier.

            Le nombre de personnes exterminées à Tréblinka ne peut être établi, aucune liste n'étant connue; Ce chiffre ne peut qu'être évalué en fonction des bordereaux ferroviaires et de l'importance et la fréquence des convois. La Commission Générale d'Enquête écrit dans la conclusion de son rapport que le nombre de victimes s'élève à 731 600 personnes au moins. Les victimes furent pour la plupart des Juifs citoyens Polonais, Juifs Allemands, Autrichiens, Tchèques, Belges et Grecs. En plus des Juifs, ont a aussi exterminé un certain nombre de Tziganes.

            Dans l'acte d'accusation du Procès de Tréblinka, il est écrit que 731 600 est un chiffre minimum, est que le nombre vraisemblable de victimes tuées à Tréblinka

 

 

LE BILAN

 

Entre Janvier - date de la libération d'Auschwitz Birkenau - et Mai 1945 - ouverture des portes de Mathausen - les troupes alliées découvrent la réalité du système concentrationnaire nazi. Les Soviétiques n'ébruitent guère ce qu'ils ont vu, contrairement aux officiers Anglais et Américains, qui manifestent un "mélange détonnant d'horreur, de colère, de honte, de culpabilité et de peur".

            Le général Eisenhower déclare avoir subi "Le plus grand choc de sa vie".

            Il faut admettre qu'on ne connaîtra sans doute jamais le nombre des victimes de la Shoah avec une absolue précision. Son importance numérique, la dispersion géographique des opérations meurtrières perpétrées pendant cinq années, sous des formes diverses, expliquent qu'on ne puisse aboutir qu'à des estimations - et cela d'autant plus que les nazis se sont toujours employés à entourer du plus grand secret la mise en pratique de la "Solution Finale" de la question Juive.

 

            Mais qui dit estimation, ne dit pas approximation. Le tribunal de Nuremberg, parvenu au chiffre de 5 700 000 victimes Juives, a employé le chiffre emblématique de six millions, repris depuis lors.

            Dans le silence du monde, les deux tiers des Juifs d'Europe, hommes, femmes, enfants, ont été assassinés par les nazis, en fonction d'un plan délibéré d'extermination.

            Leur faute ? Etre coupable du " crime d'être nés ". Malgré le terme toujours employé par les Anglo-Saxons, il ne s'agit pas d'un "Holocauste", car ce meurtre massif et prémédité, ne revêt aucun caractère de sacrifice religieux. Ce fut bien un génocide, mais il faudrait apporter à ce terme davantage de précision. Ce fut, pour les Juifs, la catastrophe, en Hébreu SHOAH.

                                                           L'impossible oubli d'Anne GRYNBERG.

 

 

NOMBRE DE VICTIMES JUIVES PAR PAYS

 

POLOGNE                                            3 000 000

URSS                                                     700 000

ROUMANIE                                          270 000

TCHECOSLOVAQUIE                         260 000

HONGRIE                                             180 000

LITUANIE                                             130 000

ALLEMAGNE                                       120 000

PAYS-BAS                                            100 000

FRANCE                                               75 000

LETTONIE                                            70 000

 

         Les Juifs convertis au Christianisme sont compris dans ces chiffres et les réfugiés sont comptés dans les pays à partir desquels ils ont été déportés.

 

LES PROCES D'APRES-GUERRE

 

            Après la guerre, les principaux criminels nazis ont dû répondre de leurs actes, même si la justice a parfois été lente et si certains ont réussi à lui échapper, avec diverses complicités.

            Adolf Hitler, se suicide le 30 Avril 1945.

            Himmler s'empoisonne après son arrestation.

 

LE PROCES DE NUREMBERG

 

         Il s'est déroulé entre le 18 Octobre 1945 et le 1 Octobre 1946 devant un Tribunal Militaire International (TMI), chargé de juger les grands criminels nazis.

            Dix-neuf gouvernements membres de l'O.N.U. y adhérent par la suite, ce qui donne au TMI une assise internationale. Avant même la fin de la guerre, les Alliés avaient affirmé la nécessité du châtiment des responsables des crimes nazis.

 

NOMS                                     QUALITES                                             VERDICTS    SENTENCES

H. GOERING                      Maréchal du Reich                                    1 2 3 4             SUICIDE

J. VON RIBBENTROP   Ministre des affaires étrangères                  1 2 3 4             EXECUTE

A. RESENBERG                Ministre des territoires occupés                  3 4                   EXECUTE

J. STREICHER                  Directeur journal "DER STUMER"            4                      EXECUTE

E. KALTENBRUNNER  Chef office Sécurité du Reich                     3 4                   EXECUTE

H. FRANK                             Gouverneur de la Pologne occupée            3 4                   EXECUTE

A. SEYSS-INQUART       Gouverneur d'Autriche et Pays-Bas           2 3 4                EXECUTE

W. KEITEL                          Chef d'état major Wehrmacht                    1 2 3 4             EXECUTE

W. FRICK                             Ministre de l'intérieur                                 2 3 4                EXECUTE

A. JODL                                 Chef opération haut commandement          1 2 3 4             EXECUTE

 

Légende du VERDICT 

1 - Crimes contre la paix.              2 - Préparation de guerres d'agressions

3 - Crimes de guerre.                      4 - Conspiration contre l'humanité.

 

            Rudolph Hess : adjoint d'Hitler est jugé irresponsable en raison de son état mental et coupable des chefs d'accusation 1 et 2, il a été condamné à la prison à perpétuité où il est mort en 1988

           

            Rudolph Hoss : Commandant en chef du camp d'Auschwitz Birkenau est condamné à mort à Varsovie en Pologne et exécuté dans l'enceinte même du camp en 1947.

            Dieter Wisliceny : Délégué d'A. Eichmann en Slovaquie, Grèce, et Hongrie est condamné à mort et exécuté à Bratislava en 1947.

           

            Adolph Eichmann : le 11 Mai 1960, A. Eichmann est enlevé en Argentine où il se dissimulait sous une fausse identité, par les Services Secrets Israéliens. Son procès s'ouvre à Jérusalem le 11 Avril 1961. Le verdict est prononcé le 15 Décembre 1961, A. Eichmann est reconnu coupable pour ses crimes commis contre le peuple Juif, pour ses crimes commis contre l'humanité, pour ses crimes de guerre et condamné à la peine de mort. Le jugement sera confirmé en appel et le recours en grâce rejeté. A. Eichmann est pendu le 31 Mai 1962 et afin qu'aucun sympathisant ne puisse venir se recueillir sur sa tombe, ses cendres sont jetées en Mer Méditerranée, au-delà des eaux territoriales Israéliennes.

           

            Quarante S.S., membres du personnel d'Auschwitz sont condamnés à la Prison à Perpétuité en 1947.

            D'autres procès ont eu leu depuis :

                        Celui des 10 tortionnaires de Tréblinka en 1964.

                        Celui des 22 membres du personnel d'Auschwitz en 1964.

                        Celui des responsables de la "Solution Finale" au Pays-Bas en 1966.

                        Celui de Kurt Lischka, commandant des S.D. (Service de Sécurité) et de la Gestapo de Paris en 1979.

                        Celui de H. Hagen, Chef des Affaires Juives du S.D. en 1979.

                        Celui de Klaus Barbie, l'un des responsables de la Gestapo de Lyon.

                        Celui de Paul Touvier, Chef de la Milice Lyonnaise

 

            René Bousquet assassiné en 1993 et son adjoint Jean Leguay (mort également) ont échappé à leurs procès.

 

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