Henri KOPF

Jean Eugène KOPF

 

 

                  

 

Henri et Jean Eugène KOPF

Mes grands-oncles maternels

 

 

Henri KOPF

Tailleur

Né le 26 Mars 1902 à Koslow (Pologne)

Fils de Joseph et de Marie ZAHNSTECHER

Marié le 17 Juin 1926 à Strasbourg

avec Hermine FINGERHUT

Assassiné par les nazis le 25 Juin 1942 à Auschwitz (Pologne)

Convoi N° 4

 

Jean Eugène KOPF

Tailleur

Né le 13 Janvier 1906 à Budapest (Hongrie)

Fils de Joseph et de Marie ZAHNSTECHER

Marié le 5 Août 1933 à Paris 4 (75)

avec Berthe ZYLBERMANN

Assassinée par les nazis 26 Août 1942 à Auschwitz (Pologne)

Convoi N° 26

 

 

AUSCHWITZ-BIRKENAU

 

Oswiecim -Auschwitz en allemand- est une ville d'importance moyenne (10 000 habitants en 1939 dont 4 000 Juifs), située dans la partie orientale de la Haute-Silésie. Elle est entourée de vastes terres en friche, marécageuses, faiblement peuplées et peu fréquentées. Elle se trouve cependant sur la ligne ferroviaire Katowice-Cracovie et est reliée au reste de la Pologne par un bon réseau de voies de communication. En outre, se dressent non loin de là des baraques de l'artillerie Polonaise, qui pourront abriter les prisonniers affectés à l'édification d'un nouveau camp, décidée en Février 1940.

            Auschwitz est en effet, à l'origine, un camp de concentration conçu sur le modèle de Dachau ou de Mathausen. Construit effectivement à partir du mois de Mai 1940, il est prévu comme lieu de détention pour les prisonniers politiques Polonais, dont le nombre est important.

            Le Capitaine SS Rudolph Hoss est nommé responsable du nouveau camp. Il réquisitionne une partie des habitants Juifs d'Osweicim, auxquels il adjoint les détenus venus de Dachau pour construire le camp en quelques semaines. Les premiers prisonniers Polonais y arrivent à la mi-Juin 1940.

            Au printemps 1941, Himmler ordonne à Hoss d'agrandir le camp d'Auschwitz afin de porter les effectifs à 30 000 détenus, et d'entreprendre la construction d'un camp annexe susceptible d'accueillir 100 000 prisonniers de guerre.

            Les premières expérimentations de gazage au Zyklon B sont pratiquées à Auschwitz au mois de Décembre sur des prisonniers de guerre Soviétique. Le rythme augmente après Février 1942.

            Au début du mois de Juin 1942, Himmler convoque Hoss à Berlin pour l'informer de sa décision de choisir Auschwitz-Birkenau comme centre d'anéantissement massif des Juifs. Les travaux d'aménagement des chambres à gaz s'intensifient.

            Le printemps 1942 marque en effet le début des arrivées massives de déportés Juifs en provenance de toute l'Europe

            Lorsque les convois s'arrêtent à l'entrée du camp, les SS procédant à une sélection. Les non-sélectionnés sont immédiatement emmenés vers la chambre à gaz. Il faut signaler aussi que d'autre déportés adultes et enfants, meurent dans des souffrances atroces à la suite de pseudo-expériences médicales

 

MAÏDANEK

 

Maidanek a été construit à la fin de l'été 1941, à quelques kilomètres de Lublin, sur la route qui mène de Zamosc à Lvov. A partir de l'automne 1942, il reçoit 25 000 Juifs de Varsovie et d'autres ghettos. Vers Septembre 1942, on procède à des gazages et d'autres détenus sont abattus dans les forêts voisines.

            Ce camp a fonctionné jusqu'en Juillet 1944 et quelque 360 000 personnes de 51 nationalités et de 26 pays différents y furent exterminées, des Juifs pour l'essentiel.

            Les baraques, les tours de surveillance et les longues lignes de barbelé autrefois électrifié, sont aujourd'hui dans l'état où ils se trouvaient, il y a plus de cinquante ans. Il n'est pas nécessaire de forcer son imagination pour ressentir l'horreur de ces temps. Prés de la route, en face du camp, un grand monument a été élevé aux victimes de Maidanek devant un mausolée à coupole qui renferme les cendres des victimes

 

 

CONVOI N° 4 DU 25 JUIN 1942

 

 

                  Ce convoi, qui est parti de Pithiviers, a été composé exclusivement d’hommes, de même que les deux premiers convois. On compte parmi les 999 hommes que les Allemands ont répertoriés par nationalités : 937 Polonais, 20 Allemands, 20 Tchèques, 8 Indéterminés, 5 Russes, 5 Roumains, 1 Autrichien, 1 Apatride.

                L’âge de ces hommes varie entre 20 et 54 ans et pour la très grande majorité d’entre eux (795), ils étaient âgés de 31 à 42 ans.

                  La liste est extrêmement difficile à déchiffrer. Les indications sont portées dans le sens longitudinal. Elles donnent le nom, le prénom, la date et le lieu de naissance, la situation de famille, la nationalité, la profession et l’adresse des déportés.

                     D’après les adresses, on constate qu’il s’agit exclusivement de personnes domiciliées dans la région Parisienne et, comme les déportés des deux précédents convois, de personnes habitant les mêmes arrondissements (3ème, 4ème, 10ème, 11ème, 12ème, 18ème, 19ème, 20ème) arrêtées dans les mêmes circonstances, au cours des opérations de Mai et d’Août 1941.

                      La liste est signée, le 22 Juin 1942, par le Commandant du Camp de Pithiviers avec deux rectificatifs du 24 Juin concernant le remplacement de cinq hommes. Certains documents de la Gestapo concernant ce convoi : le XXVI-31 du 16 Juin; les XXVb-38 des 17 et 18 Juin; le XXVb-40 du 25 Juin est un télex du kommando de la Sipo-SD (Police Nazie) d’Orléans, adressé à la section anti-Juive (IV J) de la gestapo à Paris, annonçant l’envoi au IV J de la liste des 1000 hommes Juifs.

            Le XXVb-35 du 19 Juin donne l’horaire du train : Pithiviers 6.15, Troyes 11.35, St-Dizier 15.14, Revigny 16.29. Effectivement le télex réglementaire adressé le 25 Juin à Eichmann à Berlin, à l’Inspection des camps à Oranienburg et ( au Commandant d’Auschwitz, indique que le convoi est bien parti de Pithiviers à 06.15 comme prévu une semaine plutôt. Ce télex précise qu’il s’agit de 1000 Juifs et que le Chef de convoi (Transport-Führer) jusqu’à Neuburg (la frontière) est le Lieutenant Kleinschmidt.

            A leur arrivée à Auschwitz, le 27 Juin, les 1000 déportés ont reçu les matricules 41773 à 42772. Le 15 Août, soit 7 semaines plus tard 557 étaient encore en vie; la mortalité avait atteint 45% au lieu de 80% pour le convoi précédent. Cette différence considérable s’explique par l’âge moyen, plus jeune d’environ 5 ans, dans ce convoi que dans les deux précédents, et surtout sans doute par l’origine Polonaise de plus des 9/10 des déportés, mieux aptes à résister aux effroyables conditions d’existence qui régnaient dans le camp d’Auschwitz, situé en Pologne, que par exemple, les 345 Juifs Français du convoi n° 3 parti seulement 3 Jours plus tôt.

            A notre connaissance, sont rentrés, en 1945, 51 survivants.

 

 

CONVOI N° 24 DU 26 AOUT 1942

 

 

      Le télex réglementaire adressé à Eichmann à Berlin, à l’Inspection des KZ à Oranienburg et au Commandant d’Auschwitz, par la section anti-Juive de la gestapo en France a été rédigé par Ernst Heinrichsohn et signé par Horst Ahnert. Il indique que, le 26 Août à 08.55, le transport D 901/19 a quitté la gare du Bourget/Drancy en direction d’Auschwitz avec 1000 Juifs. Le Chef de convoi est le Feldwebel Müller.

            Les Allemands ont dénombré parmi 948 déportés : 296 Français, 257 Indéterminés, 179 Polonais, 97 Allemands, 54 Autrichiens, 31 Hollandais, 13 Apatrides, 5 Russes, 5 Roumains, 2 Turcs, 2 Grecs, etc.....

            La liste se trouve dans un très mauvais état. Chacun des noms a dû être examiné à la loupe, sans toutefois que cet examen minutieux surmonte toutes les difficultés de ce déchiffrement.

            On compte dans ce convoi environ 400 enfants de moins de 12 ans.

            Cette liste se subdivise en 5 sous listes :

            1/ Camp de Pithiviers : Il s’agit essentiellement des enfants qui ont été raflés les 15 et 16 Juillet à Paris et, pour la plupart, séparés de leurs parents. Les 28 pages des listes de Pithiviers portent comme indications le nom, prénom, date de naissance, ville ou pays de naissance, ville du domicile.

               Cette liste est divisée par wagons :

            Wagon  6 : 47 noms de partants; 35 adultes et 12 enfants.

            Wagon 7 : 1 adulte et 33 enfants. Parmi ces petits qui n’ont qu’un homme pour les réconforter pendant ce voyage de cauchemar, Georges SIKLARZ 3 ans, Paul HANOVER 2 ans, Marcel GRIMBERG 5 ans, etc...

            Wagon 8 : 40 enfants et 7 adultes. Parmi eux Ita EPELBAUM 31 ans accompagne ses 7 enfants à la mort, Jacqueline 11, Suzanne 9, Jacques 7, des jumelles de 6 ans Andrée et Renée, Henri 5 et Arlette 3; il y a aussi les 3 WODKA, Paulette 13, Charles 9 et Jacques 7; les 2 KOZIERON, les 2 BENKIEL, les 2 RADOMSKI, les 2 TANNENBAUM, Fanny 9 et Madeleine 6, les 2 PLOTKINE, les 2 EISNER, les 2 LEUIKEN.

            Wagon 9 : 47 enfants et 6 adultes. Parmi eux Rachel SOLARZ et ses 4 enfants, Adèle 14, Berthe 12, Marcel 7 et Fêlix 6; Szerya MANN 42 ans et ses 4 enfants, Berthe 11, Israel 7, Léon  6 et Marie 3; Chaja CUKIERMAN et ses 5 enfants, Eva 15, Paulette 13, les jumeaux Victor et Berthe 5 et Josette 5.

            Wagon 10 : 19 enfants et 1 adulte. Rose JABLONKA et ses 4 enfants, Blanche 10, Rachel 9, Paul 8 et Léon 6; avec eux les 3 enfants RABINOWICZ, Charles 12, Marcel 9 et Albert 3.

Wagon 11 : 27 enfants et 4 adultes. Parmi eux 3 enfants RAFALOWICZ, Liba 13, Mireille 12, Annette 3; les 3 MOLMAN, Marie 15, Ida 11, Isaac 8; les 3 BLAWAT, Blanche 11, Bernard 10, Clara 9; Cyrla KENIG et ses 4 enfants.

Wagon 12 : 36 enfants et 4 adultes. Parmi eux 3 enfants SZLAUMBERG, Jean-Pierre 12, Maurice 11 et Wolf 10; les 3 enfants ALTMAN, Jeannette 13, Hélène 12 et Rosette 10; les 3 enfants ROTER, Henri 12, Léon 10 et Georgette 9.

            Wagon 13 : 48 enfants sans un seul adulte. Parmi eux les 4 enfants BASSIN, Nissim 14, les jumeaux Georges et Emile 12 et Sabine 4.

            Wagon 14 : 37 enfants et 5 femmes. Parmi eux des tous petits sans parents tels Léa 7 et Georgette 3 KOGAN, tel Henri BEKURMAJSTER 4, tel Abraham ROSTEIN 4.

            Wagon 15 : 28 enfants et 7 adultes. Parmi eux Paulette 8 et Albert 3 KLOCHENDLER; les 3 GEYLER Madeleine 16, Françoise 11 et Evelyne 13; les 2 ZAPOLSKI;  Marc 7 et Lucien 5 BERENBAUM; Marianne BULVA 34 et ses 2 enfants David 4 et Paul 2; Monique 4 et Raymonde 7 WASSREICH; Anna 11 et Cécile 6 REDLER; Jean 8 et Bernard 6 GORFINKIEL.

            Wagon 16 : 28 adultes et 14 enfants.

            Wagon 17 : 35 adultes et 6 enfants.

            Wagon 18 : 28 adultes.

            Wagon 19 : 20 noms presque tous des jeunes hommes de 16 à 20 ans.

            Wagon 20 : 18 noms et parmi eux 10 enfants, dont Liliane 7 et Paulette 4 SACHNOCH; Julien 9 et Charles 6 TOPPER.

            2/ “ PARTANTS DE DERNIERE HEURE NON ENCORE INSCRIT”  : 74 partants dont 42 enfants; parmi eux des familles telles Sipora LEDERMAN 43 et ses 4 enfants Suzanne 12, Joseph 8, Berthe 6 et Roger 4; Sarah CELNIK 39 et ses 3 enfants, Jacques 14, Rosette 8 et Alberte 6; Craila WAJCENZANG 38  et ses 3 enfants, Charles 12, Simone 10 et Hélène 4; Mndla HECHEL 30 et ses 3  enfants, Ginette 10, Jacques 5 et Marie 3; Nacha CUKIER et ses 2 enfants, Denise 10 et Jacques 5; les 2 MAYEROVITCH, Michel 8 et Charles 4.

            3/ DRANCY : Cette liste comporte 9 noms, où l’on trouve brassés dans le même destin de la condition Juive Chaïm DAJEZ, cordonnier, 84 Rue de l’Hôtel de Ville et François MONTEL, Avocat à la cour, 22 Avenue FOCH, ou bien David VERSTENDIG, tailleur, 12 Avenue du Père Lachaise et Joseph NASH, Producteur de films, 93 Avenue Montaigne.

            4/ “CAMP DE RIVESALTES” : Cette liste comporte 174 noms, suivis des prénoms, de l’âge (mais pas de la date de naissance) et de la profession. Surtout des Allemands. De nombreux membres de la même famille, mais pas d’enfants de moins de 16 ans, sauf 1. Un transfert de 229 personnes avait eu lieu le 23 Août.

5/ “ZONE LIBRE-CAMPS DIVERS” : Elle comporte 2 parties :

            a) 80 noms, en face des quels figurent en général la date et le lieu de naissance, la nationalité ainsi que le camp d’origine : 17 de Savagny, 40 de Ruffieux, les autres de Mauriac et des Arches dans le Cantal, du camp de Mausat dans le Puy-de-Dôme.

            b) 105 noms, dont le camp d’origine n’est pas indiqué. Il s’agit surtout d’Allemands, d’Autrichiens et de Polonais.

            Il existe, dans une liste que nous avons retrouvée à Bruxelles de ce même convoi, un additif de 390 déportés supplémentaires, dont 174 hommes. Cette liste porte le titre “Liste des Juifs faisant partie du convoi du 26 Août 1942”. Mais une vérification nous a permis de constater que ces déportés sont partis pour Auschwitz par des transports postérieurs au départ du convoi N° 24.

            A leur arrivée à Auschwitz, le 28 Août, furent sélectionnés pour le travail 27 hommes. Ils reçurent les matricules 62093 à 62119. 36 femmes furent aussi laissées en vie avec les matricules 18609 à 18644. C’est ce que nous indiquent les archives d’Auschwitz, mais c’est une erreur. Ce convoi du 26 Août 1942 est le premier d’une série qui va s’étaler jusqu’à la fin de l’année 1942 et qui verra une double sélection : la 1ere a lieu en général à Kosel, non loin d’Auschwitz, où les Allemands font descendre la majorité des hommes valides, qu’ils vont faire travailler dans des camps tel Blechammer, Johannisdorf, Kochanowitz, Odenberg, Gogolin, Ottmuth, etc... les survivants de cette catégorie seront regroupés par les Allemands fin Mars 1944 à Blechammer et seront enregistrés cette fois à Auschwitz dans la série des matricules 176512 à 179567, soit 3056 déportés. Bien entendu, nombre d’entre eux auront péri entre Mars 1944 et Mai 1945; mais la majorité des survivants parmi les déportés des convois suivants le N° 24 pour l’année 1942 sont des hommes descendus à Kosel et qui ne sont pas allés jusqu’à Auschwitz. Les archivistes du musée d’Auschwitz n’ont pris en compte que les sélectionnés à Auschwitz même en les déduisant du nombre de déportés parti de Drancy. Ils ne se sont pas rendu compte que de nombreux hommes valides descendaient avant Auschwitz.

            A notre connaissance, il y avait en 1945 23 survivants de ce convoi. Si l’on s’adresse au Ministère des Anciens Combattants, on obtiendra la réponse : 11 survivants, mais sachant que beaucoup de déportés étaient des réfugiés de Belgique, je me suis adressé aux Autorités Belges et c’est ainsi que j’ai appris que 12 survivants étaient très directement en Belgique.

 

 

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